Aatea, Mettre les voiles
J'suis tellement à la bourre sur ma PAL que j'ai 5 bouquins de chez Argyll alors que j'en ai encore lu aucun, fallait commencer quelque part mais je savais pas par lequel commencer. Je les ai tous jeté par la fenêtre et j'ai pris celui qui se fracassait par terre le plus vite. Non je plaisante, c'est juste le premier que j'avais acheté.
Aatea est un navigateur dans une société qui vit sur les océans flottants de la nuée, il peut guider les navire et ressentir les courants et les... machins dans l'eau. Mais Aatea est d'une caste inférieure et paria parmi les siens. Quand on lui interdit de naviguer suite à une attaque de bandits dont il est le seul survivant, il craque. Il attrape un bateau et zou, tout plaquer et départ vers le large en solitaire, sur les traces des carnets de voyages que lui a laissé son aïeule.
Anouck Faure réussit de manière époustouflante à nous immerger dans cet univers très particulier ou des... mers s'envolent... Elle crée un univers intrigant et nous le présente de manière très poétique et évocatrice, naviguer avec Aatea dans ce monde est envoûtant. C'est riche de détails, d'ambiances fascinantes et de mers déchaînées.
Le roman va nous parler de hiérarchie sociale et de trouver sa voie malgré les barrières qu'on nous impose, quitte à exploser les dites barrières. Aatea prend son propre chemin et y trouve quelque-chose qui le porte, une nouvelle vie, une famille. Il y a de l'aventure, du danger, de l'imprévu quand il part de ce cadre très fermé et codifié, il y trouve la liberté.

Mais si la beauté de ce monde est incontestable, si la plume de l'autrice est sublime, si elle porte ses thèmes et ses intentions de manière limpide et puissante... Je suis resté un peu en dehors de cette épopée. Je comprends, dans mon petit cerveau, tout l’intérêt du roman, son succès, et sa réputation. Mais il m'a manqué quelque chose pour le ressentir. Je n'ai jamais vraiment connecté avec ce protagoniste qui m'a paru un peu lisse, un peu effacé. Je comprends son chemin, ses motivations, mais je ne ressens rien pour lui, avec lui.
Je suis un peu à contre-courant ici, et je ne souhaite pas vous faire croire que c'est un mauvais livre (vous ne me croiriez pas et vous auriez raison). Comme tout le monde je suppose, j'ai une manière un peu personnelle de connecter à un livre, surtout par ses personnages, et c'est aussi pour ça que mes goûts et mes références sont pas toujours (pas souvent) alignés avec les autres lecteurices dont vous lisez les avis sur internet. Voyez donc cet avis comme une preuve de mon petit côté décalé. Et relou. C'est un peu la même chose que j'ai ressentie avec Un long voyage d'ailleurs, pour vous situer.
Aatea est magnifique, c'est beau, ça a du sens, il y a de l'aventure, un univers fascinant et original. C'est un livre d'ambiances, de thématiques, d'idées. Mais Aatea ne m'a jamais touché, j'ai regardé passer ce navire de très loin, assis sur la rive, et je prendrai le prochain bateau. Ou alors je prendrai le bus, je sais pas.
Lire aussi l'avis de : Célinedanaë (Au pays des cave trolls), Le nocher des livres, Boudicca (Le bibliocosme), Yuyine,
Couverture : Xavier Collette
Éditeur : Argyll
Nombre de pages : 432
Date de sortie : 10 Janvier 2025
Prix : 24,90€ (Broché) / 12,99€ (numérique)