Les royaumes de la mort, Derrière les lignes ennemies
Retour aux côtés de notre copain Hadrian le dramatique bourgeois, Les royaumes de la mort est le quatrième tome de la saga du Dévoreur de soleil, malheureusement le dernier a avoir droit à une traduction VF. Les tomes 5 à 7 n'existent qu'en anglais, mais heureusement pour vous, i'm fluent.
On commence à avoir l'habitude, cet épisode démarre après une grosse ellipse de quelques décennies et nous jette directement dans l'action. Hadrian Marlowe et l'équipage du Tamerlane sont plus ou moins en exil au bout de la galaxie parce que notre protagoniste énerve tout le monde et il doit se faire discret. Mais l'empereur vient le sortir de sa retraite pépère pour une mission : Il faut aller chercher des alliances avec le Commonwealth pour affronter les cielcins, mais comme on leur fait la guerre depuis des siècles, les relations peuvent être tendues. Marlowe est loin de se douter du gros bazar qui l'attend.
Après une introduction assez badaboum pour se mettre dans l'ambiance, on va donc rendre visite à cette force politique indépendante, qui est grosso modo un gouvernement totalitaire communiste extrême, dans le délire "l'individu n'existe pas, tout le monde travaille pour tout le monde, la culture c'est interdit, propagande puissance 1000". Et on a un gros morceau ultra-chiant où un auteur américain nous parle d'une pseudo-URSS fantasmée avec ZÉRO SUBTILITÉ alors qu'on est placé dans le camp d'un empire "qui a ses problèmes mais quand même il veut protéger l'humanité". C'est une caricature USA/URSS comme on en voit plus depuis les grandes heures des nanars ricains des années 80. Le degré de subtilité et de recul inexistant a rendu ce passage absolument pénible à traverser, surtout quand Hadrian commence à débattre avec les gars, mais heureusement on passe finalement à autre chose pour attaquer le cœur de ce tome.

Et le cœur en question, c'est une grosse excursion en plein camp ennemi de manière pas très volontaire. La seconde moitié du roman nous plonge du côté cielcin et je vais rester vague, tout en soulignant que j'ai vu quelques avis reprocher au roman un côté torture-porn, ce qui est un peu exagéré même si torture il y a, donc Content Warning "Aïe ça fait mal". Dans Les royaumes de la mort, Christopher Ruocchio a décidé d'en faire baver à son héros, de l'amener au fond du gouffre du désespoir tout en restant quand même mesuré sur l'étalage de pathos, ce qui donne un résultat qui... passe... C'est finalement assez digeste et ça permet un bel aperçu de la société des "méchants", leur but, leur culture, etc...
Mais on commence à le connaître, le Cricri, on sait qu'il va nous finir sur un énorme feu d'artifice épique et poignant. On a mis du temps, c'était parfois bavard, parfois pénible, mais pour ces 150 dernières pages ça valait le coup. Parce que l'auteur nous fait un final ÉNOOOOOOOOORME, plein d'action, d'émotions et de malheureux décès. On a rebattu les cartes et relancé l’intérêt pour le reste de la série, tout en repartant avec un bagage de connaissances supplémentaires sur cet univers.
Nous voilà donc bien avancés dans cette série qui tient ses promesses dans l'ensemble. Je continuerais l'aventure très bientôt avec Ashes of men, parce que tout ça me plaît bien malgré quelques petits défauts et longueurs, et j'ai envie de voir la fin.
Lire aussi l'avis de : Lianne (De livres en livres),
Couverture : Kieran Yanner
Traduction : Nenad Savic
Éditeur : Bragelonne
Nombre de pages : 600
Date de sortie : 1 Mars 2023
Prix : 30€ (broché) / 9,95€ (poche) / 7,99€ (numérique)