Les bâtisseurs, La taille du rat

Les bâtisseurs, La taille du rat

La rentrée 2026 marque le lancement chez Leha d'une rafale de novellas qui commence fort avec Les bâtisseurs de Daniel Polansky. Le format marche plutôt très bien depuis quelques années, donc pourquoi on n'y aurait pas droit aussi dans la fantasy de la bagarre ? Il y en a pas que pour la SF grôcervo, quand même.

Le Capitaine est énervé, le Capitaine a une revanche à prendre, le Capitaine va donc retrouver ses anciens compagnons. Mais surtout, le Capitaine est une souris. Il va réunir un blaireau, un opossum, une hermine, un lézard, et d'autres bestioles très enclines à la violence dans un pays qui a été déchiré par une guerre fratricide, tout ça pour une ultime mission.

Les bâtisseurs est un petit bouquin de Dark Fantasy avec des animaux anthropomorphes, donc, mais moi la Dark Fantasy, ça m'a un peu saoulé parce que je préfère ma fantasy quand elle est un peu optimiste et lumineuse. Pourtant, j'ai plongé dans Les bâtisseurs avec plaisir parce que l'auteur a le bon goût de présenter ça avec pas mal d'humour et une dose finalement assez faible de cynisme (qui est la grande malédiction de ce sous-genre selon moi, coucou Joe Abercrombie). Le monde et l'intrigue sont assez sombres et dramatiques, mais le reste, les personnages, les dialogues, les situations, tout est traité avec une certaine légèreté qui rééquilibre le tout et rend la lecture de cette novella très plaisante.

Nous avons une structure d'histoire archi-classique de "reformer le groupe" où chaque chapitre du début va se focaliser sur un membre de l'équipe pour faire la présentation et reprendre contact. C'est fait avec une précision chirurgicale, en très peu de pages on capte le caractère et le rôle spécifique de chacun.e pour arriver sur une équipe avec des relations déjà pré-établie, un passé commun et un boulot à accomplir.

Chaque personnage a donc son espèce, sa particularité, son caractère esquissé dans les grandes lignes. On a par exemple Bonsoir, une hermine française qui adore faire des discours, ou Orge, un énorme blaireau qui aime les gros PAN PAN, ou encore une opossum snipeuse. Et je vous en laisse pour la surprise. Leur groupe est très vivant, souvent drôle, parfois émouvant. L'attachement à la bande est quasi-instantané, c'est vraiment impressionnant.

Tout ça se déroule dans un "monde" qui pourrait n'être qu'un bout de jardin au final, dans une ambiance entre fantasy crépusculaire et western. On fait connaissance avec les personnages, et on part en mission pour de la bagarre qui va vite, une intrigue directe qui a la simplicité et le "punch" qu'il faut pour ce format, tout en laissant assez de petits indices dans le coins pour qu'on se dise "ah oui, on pourrait creuser encore mais là on a pas le time".

Les bâtisseurs est une vraie petite friandise pour les amateur.ice.s de fantasy sombre, drôle et épique. Je découvre au passage l'auteur, j'ai beaucoup apprécié cette plume que j'espère recroiser dans mes lectures pour voir ce que ça donne sur un format plus long.

Livre reçu en Service Presse de la part de Leha, que je remercie.

Lire aussi l'avis de : Exosk3let (Les mille mondes),

Couverture : Richard Anderson
Traduction : Merry
Éditeur : Leha
Nombre de pages : 144
Date de sortie : 27 Août 2026
Prix : 13,90€ (broché) / 9,99€ (numérique)